Expulsions de Roms en France : une parole débridée et des actes troublants

Avec l'habileté qu'on lui connait, Nicolas Sarkozy a entonné cet été ce refrain sécuritaire qu'il affectionne tant depuis 2002. Le procédé est désormais connu mais on y décèle cette fois une dissonance. Les réactions internationales, qu'elles proviennent d'autorités religieuses, d'institutions comme l'ONU ou encore de journaux étrangers interloqués par la rhétorique sarkozyste ne sont la traduction que beaucoup ressentent ici en France : un pas a été franchi et les plus hautes autorités n'hésitent plus à emprunter un raccourci inquiétant selon lequel l'immigration serait responsable des actes de délinquance commis sur notre territoire.

Nous sommes bien entendus troublés par le fait que le gouvernement prenne pour cible une communauté de ressortissants de l'Union Européenne, les Roms de Roumanie et de Bulgarie, une communauté de près de de 3 millions de personnes dans ces 2 pays. Les associations estiment qu'ils sont environ 15 000 sur le sol Français. Nous sommes donc loin d'être face à une "déferlante".

La lecture de ces simples chiffres accrédite l'idée que le gouvernement a sciemment décidé de désigner cette population comme bouc-émissaire et d'accentuer la pression déjà forte, de manière disproportionnée. La stigmatisation de la communauté Rom choque, en France et à l'étranger et ces discours ont des conséquences concrètes sur la vie de ces personnes qui sont avant tout des citoyens européens.

En cette période de rentrée, de nombreux appels à manifester ont été lancés. Avant la mobilisation du 7 septembre pour la défense des retraites, signifions ce samedi 4 septembre, au chef de l'Etat, mais aussi à ceux qui ont les yeux braqués sur la France, que de nombreux citoyens récusent les discours construits à coups d'amalgames et de stigmatisation et la politique menée à l'encontre des étrangers.

Cette mobilisation devra bien entendu ne pas rester sans lendemain : comme nous l'avons prouvé avec nos propositions sur les retraites, les socialistes doivent continuer leur travail sur un projet alternatif réaliste et crédible, qui n'ignore ni les difficultés que le pays doit surmonter, ni l'aspiration de nombreux citoyens à une pacification des rapports sociaux.

publié le 01/09/2010 .... Réagir ?