Corinne Erhel veut protéger les journalistes

Perquisitions dans les locaux des journaux et des agences de presse, relevés des conversations téléphoniques, saisies des ordinateurs et des disques durs, interpellations et placements en garde à vue de journalistes se multiplient, jusqu’à la récente mise en examen de l’un d’entre eux pour « compromission et divulgation du secret de la défense ». Corinne Erhel a donc attiré l’attention de la ministre de la culture et de la communication sur les conditions et exercice du métier de journaliste et sur le respect du secret des sources, mentionné dans l’article 109 du code de procédure pénale, pierre angulaire de la liberté de la presse. La volonté de remonter à l’origine des fuites, aussi légitime soit-elle, ne peut en aucun cas justifier le recours à la contrainte pour obliger des professionnels à révéler l’origine de leurs informations. Lors du colloque organisé par l’association Presse-Liberté le 20 juin 2006, le précédent garde des sceaux avait publiquement annoncé sa volonté d’inscrire dans la loi le secret des sources, comme principe fondamental dans la loi de 1881, et d’accompagner cette réforme de garanties procédurales au profit des journalistes. De plus, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé, dans un arrêt rendu le 7 juin 2007, que la condamnation de deux journalistes qui avaient refusé de communiquer leurs sources constituait une violation de la liberté d’expression. Elle lui a demandé d’indiquer si le Gouvernement entend renforcer la protection des sources journalistiques.

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