Crises agricoles

Les céréaliers ont manifesté ce lundi 26 avril à Paris pour protester contre la baisse de leurs revenus liée à la chute des cours suite à leur envolée vertigineuse entre 2007 et 2008 (qui avaient eu entre autres conséquences une hausse des prix des denrées alimentaires de base, entraînant de violentes émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres de la planète).
Cette crise « céréalière » qui s’annonce survient quelques semaines après celle qui touchait les producteurs de lait. Il serait pourtant réducteur de penser que ces agriculteurs font face aux mêmes problématiques.
En effet, les exploitations céréalières ont longtemps affiché de bons résultats, bénéficient d’aides européennes qui leur permettent de moderniser leurs installations et d’améliorer leurs rendements.

La situation d’un exploitant céréalier de la région parisienne n’est donc en rien comparable avec celle d’un propriétaire d’une exploitation laitière ou encore d’un viticulteur. Cette nouvelle crise agricole agit donc en quelque sorte comme un révélateur de la diversité du monde agricole.

Les difficultés diverses et multiples du secteur agricole nous confrontent donc plus que jamais à des choix de société majeurs : quelle politique agricole pour assurer une production de qualité, qui permette aux exploitants de vivre correctement du fruit de leur travail, tout en préservant les équilibres sociaux – entre pays du Nord et pays du Sud et dans nos territoires – mais aussi environnementaux ?

La discussion en cours au Parlement autour de la Loi de Modernisation de l’Agriculture et de la Pêche devra nous permettre d’aborder ces sujets. Pour les députés socialistes, il s’agira notamment de veiller à ce que le gouvernement, qui n’a eu de cesse depuis 2003 de prôner une dérégulation du secteur agricole, infléchisse durablement sa politique afin que l’Etat assume de nouveau le rôle de régulateur qui doit être le sien vis-à-vis d’un secteur essentiel de notre économie, aujourd’hui gravement menacé par la spéculation et les fluctuations incessantes des cours mondiaux qui en découle.

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