Mobilisation pour le centre hospitalier de Paimpol

Ce lundi 29 août 2011, s’est tenu un large rassemblement à l’initiative de l’ensemble des personnels de l’hôpital de Paimpol, auquel j’ai participé avec plusieurs maires et élus des communes du bassin de Paimpol, et Eric Bothorel, conseiller Général. De nombreux citoyens ont également répondu présent à cet appel afin que soit débloqué comme prévu le budget nécessaire à la mise en œuvre du projet médical ainsi que le renouvellement du scanner.

Pour ma part je suis intervenue auprès du directeur de l’ARS et du ministre de la santé afin que les engagements pris soient respectés.
Cet équipement est en effet indispensable afin que l’établissement continue à dispenser une offre de soins de haute qualité, comme cela a toujours été le cas à Paimpol.
Cette exigence, revendiquée par le conseil de surveillance de l’hôpital, le corps médical et les organisations syndicales est doublement légitime : en effet, le renouvellement de ce matériel est un engagement pris par l’Etat suite aux différentes restructurations (fermeture de la maternité en 2003 et de blocs opératoires depuis 2010) subies par l’hôpital depuis plusieurs années. Sans cette modernisation, l’établissement risque ensuite de voir sa fréquentation et ses recettes baisser, constituant par la suite un argument avancé pour justifier de nouvelles restructurations…
Cette situation inacceptable symbolise l’échec de la vision à court-terme qui prévaut au sommet de l’Etat s’agissant de la politique de santé en général et de l’hôpital en particulier.
La censure le 6 août dernier par le Conseil Constitutionnel de 30 des 65 articles de la loi Hôpital préparée et votée dans l’urgence mi juillet en est une illustration supplémentaire.
L’alignement des systèmes de financements des hôpitaux publics sur le secteur privé, ainsi que la tarification à l’activité déjà en place dans les hôpitaux publics risquent d’affecter durablement le service public de l’hôpital considéré pourtant comme l’un des meilleurs du monde. En concurrence avec le secteur privé, mais avec des obligations bien différentes, devant faire face à l’augmentation de la fréquentation des services d’urgence consécutive à la diminution de l’offre de soins sur le territoire, l’hôpital public a besoin d’une politique différente, qui ne soit pas évaluée sous le seul angle comptable.
Outre les impacts sur l’organisation des soins dans notre pays, la politique menée par le gouvernement met également les personnels de l’hôpital public dans des situations inacceptables, au regard notamment de leurs qualifications et de leur engagement.
Le Parti Socialiste est convaincu qu’une autre voie est possible et même indispensable, sous peine de voir s’accélérer la pénurie de l’offre de soins sur nos territoires et en priver l’accès à un nombre croissants de nos concitoyens, cette situation risquant de surcroît de fragiliser davantage les plus démunis.
Nous devons tout d’abord combattre l’idée reçue selon laquelle notre système de santé basé sur la solidarité serait inefficace et coûteux. Ainsi le système de santé outre-atlantique basé sur l’assurance privée est souvent jugé coûteux et de faible qualité. Barack Obama a donc fait de la réforme de l’assurance santé un enjeu majeur de son mandat.
Au tournant des années 2000, la gauche au pouvoir en France était parvenue à rétablir l’équilibre des comptes de l’assurance maladie.

La santé n’est pas un domaine comme les autres. Nous avons choisi travailler à préserver le socle fondamental de ce service public, la solidarité, plutôt que d’engager notre système de santé sur la voie de la privatisation aux belles promesses comptables mais à la réalité parfois inquiétante.

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