Quatrième licence de telephonie mobile : quelques précisions

Vous avez été très nombreux à réagir à mon intervention sur l’attribution de la quatrième licence mobile de troisième génération, beaucoup de raccourcis, certains erronés, ont été énoncés concernant les propos que j’ai tenus. Je souhaite clarifier quelques points.

Il a été écrit, par mails, sur des forums et sur de nombreux blogs, que les socialistes, dont je donnais la position, sont hostiles à l’arrivée d’un quatrième opérateur.Je ne suis pas contre l’arrivée d’un nouvel opérateur. En revanche, j’estime que l’attribution de la quatrième licence à un nouvel entrant, dans les conditions actuelles, mérite transparence et que l’on se pose un certain nombre de questions.C’est donc ce que j’ai fait ; j’ai posé des questions, afin d’avoir des réponses du Gouvernement. Où est l’utilité d’avoir un débat à l’Assemblée nationale si les parlementaires ne peuvent pas poser les questions qui s’imposent au Gouvernement ? N’est-ce pas, finalement notre rôle, que de soulever les points qui font débat ?
Ne nous voilons pas la face, l’arrivée d’un quatrième opérateur sur le marché de la téléphonie mobile ne résoudra pas, en soi, tous les problèmes qui existent aujourd’hui tant concernant la couverture du territoire que concernant la détermination des prix que vous êtes prompts à dénoncer. C’est le rôle des pouvoirs publics de réguler ce qui devrait constituer, à mon sens, un service universel. C’est donc à nous qu’il revient de poser les bonnes questions notamment sur la fixation du prix (annoncé avant le débat parlementaire…) de la 4ème licence,sur les conditions associées et nous devons nous assurer que TOUS les consommateurs, sur TOUT le territoire, bénéficient des mêmes services aux mêmes conditions.

J’ai pu lire, également, que j’étais contre la baisse des prix. Drôle d’idée… Comme s’il était possible d’être contre la baisse des prix. J’ai seulement dit, et je le maintiens, que cela ne doit pas se faire à tout prix. Car les conséquences ne sont pas que positives et surtout, elles sont irrémédiables. Délocalisations, baisse de la qualité…
Je vous rappelle que nous sommes dans un contexte économique incertain.
C’est une réalité que l’on ne peut pas ignorer, dans la téléphonie comme dans bien d’autres domaines. Et il est légitime, me semble-t-il, de soulever le débat et d’essayer d’anticiper ces conséquences avant de devoir manifester contre des licenciements ou la fermeture d’entreprises. Mais accordez-moi le droit de poser ces questions, pour que cette question soit prise en compte avant que les décisions soient prises, et non après, quand il est trop tard.

Enfin, je veux vous dire que j’accepte volontier le débat et la contradiction, et il est tout à fait normal que vous exprimiez vos désaccords. Cela ne justifie néanmoins pas le ton qui a été employé par certains à de nombreuses reprises. Avant de faire mon procès en incompétence comme j’ai pu le lire, et de m’accuser de lobbying, je vous invite à lire l’intégralité du débat qui a eu lieu sur le site de l’Assemblée Nationale et du Sénat, vous verrez que je ne suis apparemment pas la seule incompétente parmi les députés sur ce sujet, puisque nous sommes nombreux, de gauche à droite, à nous être posés les mêmes questions…

On a le droit en France d’exposer des avis différents sans être insulté,c’est ça la démocratie.
Je me suis beaucoup impliquée sur mon travail parlementaire, sur de nombreux sujets, modernisation de l’économie, organismes génétiquement modifiés, grenelle de l’environnement… J’aurais aimé que tous ces sujets suscitent autant de réactions !

Le texte sur Création et internet arrive au mois de Mars, alors à vos claviers car ii y a beaucoup de choses à dire sur ce projet loi tant du point de vue du droit d’auteur que des libertés publiques ….

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