Question écrite : harmonisation des avantages fiscaux dans le secteur de l’emploi à domicile

Mme Corinne Erhel attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur la question de l’harmonisation des avantages fiscaux dans le secteur de l’emploi à domicile. En effet, les actifs et les demandeurs d’emploi bénéficient d’un crédit d’impôt lorsqu’ils emploient des personnes à domicile tandis que les autres personnes ayant recours à ce type de service bénéficient d’une réduction d’impôt. Les retraités non imposables sont par conséquent exclus de ce dispositif. Paradoxalement, ce sont donc les retraités qui disposent des revenus les plus faibles qui sont les moins aidés dans le cadre des avantages fiscaux liés aux emplois à domicile bien que faisant partie des populations les plus vulnérables et ayant le plus besoin d’une aide à domicile. Alors que le Gouvernement multiplie les initiatives en faveur d’un meilleur accompagnement des seniors et de la perte d’autonomie, elle lui demande dans quelle mesure il serait possible d’ouvrir cette aide aux personnes âgées aux revenus les plus modestes.

Réponse de la ministre parue le 3 février 2015 :

L’article 70 de la loi de finances rectificative pour 2006, modifié par l’article 60 de la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale, a transformé la réduction d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile en crédit d’impôt. Compte tenu de son coût, le crédit d’impôt a, toutefois, été réservé aux personnes qui exercent une activité professionnelle ou qui sont demandeurs d’emploi. En effet, pour ces personnes, le poids d’un salarié à domicile peut, lorsque le contribuable est non imposable, être jugé excessif par rapport au maintien dans l’activité ou l’entrée sur le marché du travail d’un des membres du foyer fiscal. Les autres personnes qui ont recours à un salarié à domicile et notamment les personnes âgées, bénéficient d’un avantage fiscal qui prend la forme d’une réduction d’impôt. Dans un contexte budgétaire difficile, il n’est pas envisagé de modifier ce régime. Cela étant, l’aide au financement des emplois de service par les particuliers ne s’apprécie pas uniquement à travers la réduction d’impôt évoquée, mais aussi en fonction des allocations à caractère social versées par l’Etat et les collectivités locales. Il en est ainsi, par exemple, de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes âgées dépendantes, qui, au surplus, est exonérée d’impôt sur le revenu. Par ailleurs, le chèque emploi service universel (CESU), institué dans le cadre de la loi du 26 juillet 2005 relative au développement des services à la personne, répond aux besoins des personnes âgées dès lors que tout organisme (mutuelle, collectivité locale, association, etc.) peut, à travers ce dispositif, participer sous la forme d’un abondement au financement de l’emploi d’un salarié au domicile des particuliers. Enfin, le Gouvernement a annoncé son intention de procéder à une réforme juste et solidaire de la prise en charge des personnes âgées privées d’autonomie. A cet égard, la feuille de route sociale élaborée lors de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet 2012 intègre un volet visant à assurer l’avenir des retraites et de la protection sociale. C’est dans ce contexte que le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement a été présenté au Conseil des ministres du 3 juin 2014. Ce projet de loi, qui tend à anticiper les conséquences du vieillissement de la population sur la vie sociale et les politiques publiques, comporte plusieurs mesures en faveur d’une prise en charge plus juste et solidaire des personnes privées d’autonomie. Ces mesures témoignent de l’attention portée par le Gouvernement à l’amélioration de la place des personnes âgées dépendantes dans la société française.

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