Question écrite : projet d’extraction de sable coquillier

Mme Corinne Erhel attire l’attention de M. le ministre du redressement productif sur un projet d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion et plus particulièrement sur ses incidences tant écologiques qu’économiques, compte tenu de la zone d’exploitation retenue. La demande de concession minière d’ouverture de travaux, d’exploitation et d’autorisation domaniale porte sur l’extraction de sable coquillier sur le gisement dit « Pointe d’Armor ». Ce projet prévoit l’extraction de 600 000 tonnes de sable durant 20 années, soit près de 345 extractions chaque année, sur une zone de 4 km² et par endroit à près de 40 mètres de fond dans un secteur situé entre 2 zones Natura 2000, celle de la Côte de Granit Rose – Sept Iles et celle de Morlaix, respectivement distantes de 1 km et 1,5 km du site d’extraction. Ce projet, dans sa définition et son périmètre, appelle plusieurs réserves légitimes. Les incidences sur la faune semblent avoir été insuffisamment prises en compte, comme le note un rapport de l’IFREMER à ce sujet, qui a émis un avis réservé à la demande de concession et un avis très réservé à l’autorisation d’ouverture de travaux d’exploitation. On ne peut par ailleurs ignorer les conséquences d’un tel projet d’extraction pour la biodiversité ou encore pour le littoral, l’effet de houle risquant d’être accentué par l’extraction de la dune. Enfin, la zone d’extraction envisagée est une zone de pêche essentielle pour les professionnels de la pêche. Elle est en effet le refuge de nombreuses ressources halieutiques et est donc fréquentée très régulièrement par les pêcheurs. L’activité d’extraction perturbera fortement leur activité, menaçant ainsi de nombreux emplois en mer, mais aussi à terre. Les conséquences seraient de plus préjudiciables aux activités touristiques, tout particulièrement celle de la plaisance, risquant d’impacter également l’activité du centre de plongée de Trébeurden (centre de formation professionnelle et de plongée loisirs), de renommée internationale, qui accueille environ 3 000 participants chaque année et emploie 7 permanents. Convaincues de la réelle menace que constitue ce projet, les treize communes concernées et la Communauté d’agglomération de Lannion, ont, au cours de l’enquête publique, émis un avis défavorable. Ce projet fait l’objet de très vives contestations de la part de nombreuses associations et organismes professionnels désormais regroupés au sein du collectif « Le peuple des Dunes en Trégor », mais également des élus et de très nombreux citoyens. La prise de décision doit considérer l’ensemble des enjeux agricoles, halieutiques et de protection de l’environnement ainsi que l’incidence sur l’emploi. Par conséquent, seule une redéfinition du projet, tenant compte des nombreuses réserves émises quant à la zone retenue pour l’extraction, permettra d’aboutir à un nouveau projet socialement acceptable et écologiquement responsable. Elle le remercie de bien vouloir lui faire connaître les intentions du Gouvernement sur ce dossier sensible.

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