Retraite des parlementaires

Vous avez réagi à un billet publié sur mon blog au sujet de la réforme des retraites, en m’interpellant sur la retraite des parlementaires. Alors que le gouvernement impose aux français des mesures de rigueur et une réforme des retraites dont le financement pèse quasi-exclusivement sur les salariés, de récentes révélations sur le cumul par des membres du gouvernement de leur retraite de parlementaire et de leur salaire de ministre ne peut que susciter l’indignation.

Je comprends également que vous ayez été interloqué par le faible écho donné à la discussion qui a eu lieu autour de l’amendement 249 rectifié, qui imposait au gouvernement d’établir un rapport sur l’alignement des régimes spécifiques de retraite des membres du Gouvernement et des parlementaires sur le régime général. Cet amendement a été rejeté par la majorité afin de permettre au bureau de l’Assemblée Nationale, qui regroupe le président, les vice-présidents ainsi que les présidents des groupes politiques, de présenter ses recommandations sur ce sujet dont il s’est saisi. Le site de l’Assemblée Nationale présente à ce sujet un article sur sa page d’accueil. (www.assemblee-nationale.fr)

Pour ma part, je pense que le régime actuel doit effectivement être réformé. L’engagement politique nécessite en effet pour beaucoup d’élus la mise entre parenthèses de leur vie professionnelle. Si des exemples récents prouvent l’inverse, nous sommes toutefois nombreuses et nombreux à ne pouvoir ni vouloir concilier vie parlementaire et activité professionnelle, afin de ne s’exposer ni aux conflits d’intérêt, ni aux doubles rémunérations, et encore moins au risque de négliger nos travaux.

Les députés socialistes sont ainsi pleinement conscients de la nécessité d’améliorer le fonctionnement de la vie politique et c’est pour cela que nous avons présenté ce jeudi 14 octobre 3 propositions de lois visant à renforcer les exigences de transparence financière de la vie politique et à interdire le cumul du mandat de parlementaire avec l’exercice d’une fonction exécutive locale. Cette dernière proposition vise notamment à éviter qu’un député soit en même temps président de conseil général ou régional. Une telle disposition permettrait de revaloriser le rôle du parlementaire mais aussi d’éviter l’accumulation de responsabilités politiques qui posent la question de la capacité des élus à exercer efficacement leurs mandats.

Ces propositions viennent malheureusement d’être rejetées par le parlement, l’UMP et le gouvernement s’étant opposés à notre texte.

La réticence de la majorité actuelle renforce ma conviction en faveur d’une évolution des pratiques politiques, afin notamment de reconquérir la confiance de nos concitoyens et d’améliorer le fonctionnement de nos institutions.

J’aimerais enfin vous préciser que la fonction de parlementaire nécessite un engagement quotidien, de jour comme de nuit (comme l’a rappelé le débat sur la réforme des retraites, mais aussi de nombreuses autres discussions) au service de l’intérêt général. Nos travaux requièrent la connaissance de sujets très variés, parfois complexes à appréhender. Enfin, le mandat de parlementaire nous oblige à rester connectés à la réalité du terrain, afin de percevoir en direct les effets des lois que nous votons, mais aussi d’être sensibilisés aux besoins et difficultés de nos concitoyens. C’est pourquoi j’accorde une grande importance à mes déplacements sur le terrain, et en particulier aux permanences que je tiens dans l’ensemble des communes de la circonscription. Ces rencontres sont le pendant nécessaire à l’activité parlementaire qui se joue à l’Assemblée nationale.

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